60 000 entreprises disparaissent chaque année. Une fatalité ?
Chaque année, près de 50 000 entreprises ferment leurs portes en France. Un chiffre qui peut faire frémir, mais qui s’explique surtout par la dynamique naturelle du monde économique. Entre défaillances,départs en retraite et changements de cap, les raisons sont variées — et pas toujours alarmantes. Alors, que se cache-t-il derrière ces disparitions ? Tour d’horizon, sans catastrophisme.
La retraite, première cause de fermeture :
Contrairement aux idées reçues, la majorité des entreprises qui disparaissent ne le font pas par échec, mais parce que leur dirigeant prend sa retraite. En France, plus de 200 000 dirigeants ont plus de 60 ans — et beaucoup n’ont pas trouvé de repreneur. Résultat : plutôt que de vendre à tout prix, certains préfèrent fermer boutique, surtout s’ils n’ont pas d’héritier ou de salarié motivé pour reprendre le flambeau.
Le saviez-vous ? Seulement 1 entreprise sur 2 trouve un repreneur en France. Les autres disparaissent, non par faillite, mais par manque de transmission.
Les défaillances, un phénomène normal (mais surveillé)
Bien sûr, une partie des disparitions est liée à des difficultés financières. Après la période de "trêve" pendant le Covid (grâce aux aides de l’État), les défaillances ont repris leur rythme naturel — voire un peu plus. En 2025, on compte environ 68 000 défaillances, un niveau élevé, mais qui reflète aussi un retour à la réalité économique après des années de soutien exceptionnel et la sortie du "quoi qu'il en coûte".
Les secteurs les plus touchés ?
- La construction (artisans, petites entreprise du BTP...)
- Le commerce de détail (boutiques, cafés, restaurants)
- Les services aux particuliers (coiffeurs, garages, etc.)
Pour autant, ces chiffres ne signifient pas que l’économie française s’effondre. C’est souvent le signe d’un marché qui se restructure : certaines activités disparaissent, d’autres émergent.
Le manque de préparation à la transmission
Transmettre une entreprise, c’est un peu comme organiser un mariage : ça demande du temps, de l’anticipation, et une bonne dose de réalisme. Pourtant, beaucoup de dirigeants attendent la dernière minute pour chercher un repreneur. Résultat :quand le moment vient, il est souvent trop tard pour trouver un bon accord. Les questions sont trop nombreuses pour que le temps pour y répondre soit disponible.
Les erreurs classiques :
- Ne pas préparer son entreprise à la vente (comptes non mis à jour, contrats flous…).
- Sous-estimer le temps nécessaire (comptez 2 à 3 ans pour une transmission réussie).
- Croire que ses enfants ou ses salariés reprendront "par magie".
Sans préparation, la fermeture devient parfois la solution la plus simple.
La concurrence et l’évolution des modes de consommation
Le monde change, et les entreprises aussi. Certaines disparaissent parce que leur modèle n’est plus adapté :
- La digitalisation a bouleversé le commerce (adieu certaines boutiques physiques).
- Les attentes des consommateurs évoluent (circuits courts, éthique, services en ligne).
- La concurrence se fait plus rude, notamment avec l’arrivée de géants du e-commerce ou de franchises.
Exemple : Un petit libraire indépendant qui ne s’est pas mis à la vente en ligne aura plus de mal à survivre face à Amazon ou aux grandes surfaces culturelles.
Les difficultés administratives et fiscales
Créer une entreprise en France est (relativement) simple. La fermer, un peu moins. Entre les démarches administratives, les dettes éventuelles, et les obligations fiscales, certains entrepreneurs préfèrent jeter l’éponge plutôt que des’embarquer dans des procédures interminables.
Le saviez-vous ? Une entreprise en liquidation judiciaire peut mettre plusieurs années à disparaître officiellement des radars.
Et pourtant, la France reste un pays d’entrepreneurs !
Si 60 000 entreprises ferment chaque année, plus de 1 million sont créées sur la même période. La France reste l’un des pays européens où l’on entreprend le plus. Certaines activités disparaissent, mais d’autres naissent — souvent plus innovantes, plus agiles, et mieux adaptées aux nouveaux enjeux.
Le vrai défi ?
- Mieux accompagner lestransmissions pour éviter les fermetures inutiles.
- Simplifier les démarches pour les repreneurs.
- Encourager l’innovation pour que les entreprises durent.
En résumé : disparaître, oui… mais pas toujours par échec
Derrière le chiffre des 60 000 entreprises qui ferment chaque année, il y a :
- Des retraites bien méritées.
- Un marché qui se renouvelle (certains diraient "qui se nettoie").
- Des modèles économiques qui s’adaptent (ou pas).
- Une économie dynamique, où l’on ose créer… et parfois, arrêter.
Alors, oui, 60 000, c’est beaucoup. Mais c’est aussi le signe d’une économie vivante, qui se transforme en permanence. Et vous, si vous étiez entrepreneur, vous feriez quoi pour pérenniser votre boîte ? Et que diriez-vous de quelques conseils pour savoir par où commencer ? Maintenant que vous avez lu ce résumé, vous devriez avoir quelques idées supplémentaires !



